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Allègement de la taxe sur les opérateurs télécoms: les professionnels partagés

Actu.orange.fr
PARIS (AFP) - 19/11/08 19:23



Les professionnels des télécommunications réagissaient de façon contrastée mercredi à l'allègement, voté par les députés de la majorité, de la taxe de 0,9% sur leur chiffre d'affaires prévue dans le projet de loi sur l'audiovisuel public.

Un amendement de Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), prévoyant que la taxe soit progressive suivant le chiffre d'affaires, a été adopté par la commission spéciale sur ce texte. Il doit encore faire l'objet d'un vote en séance publique lors de l'examen du texte à l'Assemblée à partir du 25 novembre.

Selon cet amendement, les nouveaux taux retenus sont fixés à 0,5% si le chiffre d'affaires est compris entre 5 et 10 millions d'euros, 0,6% entre 10 et 20 millions, 0,7% entre 20 et 30 millions et 0,9% au-delà de 30 millions.

"Avec un amendement comme celui-là, rien n'est changé pour nous", a regretté Yves Le Mouël, directeur général de la Fédération française des télécoms (FFT), interrogé par l'AFP.

Le plafond, pour bénéficier d'une taxe allégée, étant fixé à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, "cela exclut la quasi-totalité des opérateurs: tant mieux pour les petits, comme les MVNO (opérateurs mobiles virtuels, ndlr), mais pour les autres ça ne change absolument rien", a-t-il déclaré.

La FFT réclame que cette taxe soit plafonnée à 0,9%, pour éviter d'éventuelles augmentations à l'avenir, que le dispositif soit réévalué d'ici à trois ans et que la taxe ne porte que sur le chiffre d'affaires généré par les opérateurs télécoms dans les activités audiovisuelles.

De son côté, l'association Alternative Mobile, qui regroupe la quasi-totalité des MVNO, s'est "réjouie de la prise en compte de la disparité de situations" dans ce secteur, mais va "étudier attentivement ce projet d'amendement" avant de se prononcer pour savoir "si c'est la bonne solution".

"Les ordres de grandeur ne sont absolument pas adaptés à la situation des MVNO en France", a d'emblée relevé l'association: "seule une extrême minorité (d'entre eux) serait concernée" par le dispositif.

Cette taxe est l'une des deux mesures - avec la taxe de 3% sur les revenus publicitaires des chaînes privées, divisée, elle, par deux en commission - inscrites par le gouvernement dans le projet de loi pour compenser le manque à gagner résultant de la suppression de la publicité en soirée sur France Télévisions.

Audiovisuel: les députés UMP allègent la facture des chaînes privées

Actu.orange.fr
PARIS (AFP) - 19/11/08 20:15



Les députés UMP ont remplacé mercredi, en commission, la taxe de 3% sur les chaînes privées voulue par le gouvernement par une taxe modulable pouvant varier entre 1,5% entre 3%, une mesure aussitôt dénoncée par la gauche et les syndicats comme un "cadeau à TF1".


La commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur l'audiovisuel public, en discussion à l'Assemblée nationale à partir de mardi, a adopté un amendement en ce sens du rapporteur UMP Christian Kert. En raison, argue la droite, de "la crise" qui affecte les recettes publicitaires des chaînes redevables.

La majorité "veut la mort" du service public, a réagi le SNJ. C'est "un "assassinat en règle", a renchéri la CGT.

Initialement, le gouvernement avait décidé, pour compenser le manque à gagner (450 millions d'euros) résultant de la suppression de la pub en soirée sur France Télévisions, de créer une taxe de 3% (environ 80 millions escomptés) sur les recettes publicitaires de TF1, M6 et Canal + et une autre de 0,9% (environ 370 millions) sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms.

La commission a aussi instauré "une clause de rendez-vous" pour évaluer les conséquences de cette taxe. Dans un délai d'un an, le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport portant sur son "rendement effectif".

Concrètement, en raison du contexte économique, le taux acquitté par les chaînes devrait être de 1,5% en 2009, selon une source parlementaire. "Mais les recettes publicitaires devraient repartir à la hausse dans les prochaines années et la taxe sera alors supérieure à 1,5%. Assez vite, on récupérera un taux de 3%", a affirmé cette source.

Il ne s'agit pas "d'un cadeau" aux chaînes privées "mais d'un élément de justice en raison de la crise", s'est justifié M. Copé (UMP).

Le ministère de la Culture et de la Communication comme M. Copé se sont aussitôt voulu rassurants en précisant que le manque à gagner (a priori 40 millions d'euros en 2009) "ne portera pas atteinte au financement de France Télévisions, qui sera garanti par l'Etat". Sans pour autant préciser où le gouvernement allait piocher.

"Ca change la maquette financière et c'est au gouvernement de nous dire maintenant comment il va compenser, soit en augmentant la dotation financière de France Télévisions, soit autrement...", a déclaré à l'AFP le député Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre).

La commission a certes décidé mercredi d'indexer la redevance télé (116 euros actuellement) sur l'inflation, mais Nicolas Sarkozy comme la majorité excluent de jouer sur ce levier. "Moi vivant, il n'y aura pas d'augmentation de la redevance", a récemment lancé M. Copé.

Si son initiative n'aboutit pas, un député UMP, Jean-Pierre Gorges, a même déposé mercredi une proposition de loi visant à supprimer purement et simplement la redevance.

La majorité a également remplacé la taxe de 0,9% sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms par une taxe progressive comprise entre 0,5% et 0,9% selon les résultats des entreprises, via un amendement de M. Dionis du Séjour pour "permettre l'émergence et la montée en puissance des petits opérateurs".

Une initiative accueillie mercredi de façon mitigée par les professionnels des télécommunications et qui ne sera d'ailleurs pas votée en séance, assure M. Copé.