2008 • 2009 Pour mémoire • I •

Ici, vous trouverez un choix de textes et d'articles
de mars 2008 à fin janvier 2009.
Bonne lecture.

Le compte n'y est pas

| par Jean Roy | réflexion |
| l'Humanité, le 21 janvier 2009 |


| rapport Auclaire Par ailleurs le cinéma est aussi est diverstissement, propositions pour le soutien à l'action culturelle dans le domaine du cinéma | télécharger le rapport | télécharger les annexes |

Le rapport Auclaire sur l’éducation au cinéma ne séduit guère François Aymé, directeur du Jean-Eustache à Pessac.

En février 2008, Christine Albanel, ministre de la Culture, commandait à Alain Auclaire, ancien président de la Femis, un rapport devant formuler des propositions pour améliorer la complémentarité et la cohérence des actions menées en faveur de la diffusion culturelle du cinéma, de l’aménagement cinématographique et de l’éducation à l’image. Il s’agissait là d’une mission essentielle, tant on remarque une désaffection grandissante de la salle chez les spectateurs entre quinze et trente-quatre ans (prix des places ? téléchargement, légal ou non ? déplacement des modes de consommation ? budget réduit des jeunes passant désormais en priorité dans le téléphone portable, le baladeur et l’accès à Internet ?…). Pourtant, des efforts sont entrepris comme en témoigne Collège au cinéma, qui fête en ce moment ses vingt ans et peut se targuer d’avoir touché cette année 11 % de l’ensemble des élèves et des apprentis. Pour faire le point sur les vingt-deux propositions du rapport Auclaire (disponible en ligne), remis le 10 décembre à Christine Albanel, nous avons recueilli l’avis de François Aymé, directeur du Jean-Eustache à Pessac, ensemble de cinq salles associatives (bénéficiant de subventions) qui font le bonheur du cinéphile tant y sont multipliés les avant-premières, les rencontres, les événements (dont le Festival international du film d’histoire) et les débats. Nous l’avions interviewé il y a juste un an alors qu’il venait de rédiger le manifeste Exploitation cinématographique : les salles municipales, boucs émissaires de l’imprévoyance des circuits, au lendemain de la création du Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, ce même collectif qui vient de tenir les 8 et 9 janvier au 104 à Paris les premiers États généraux de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle. C’était l’époque où UGC et MK2 attaquaient la volonté du Méliès, à Montreuil, de s’agrandir et, par ailleurs, le moment de la baisse des crédits des DRAC (Direction régionale de l’action culturelle).


Depuis, selon François Aymé, la ministre a mis de l’eau dans son vin. En commandant le rapport Auclaire et en annonçant le doublement des crédits à la rentrée 2008 pour Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma, ce qui, souligne le directeur du Jean-Eustache, était irréaliste tant était éludée la question de la formation des professeurs et celle du tirage des copies. Pour ce qui est du rapport Auclaire, François Aymé le juge « institutionnel, administratif, mais pas politique ». Et d’insister : « Pour un texte comme celui-ci, il faudrait une vision politique », précisant : « Quand Jack Lang et Jack Gajos créent l’Agence pour le développement régional du cinéma (ADRC), il y a une vision politique, la mise en place d’un vrai dispositif pensé dans son intégralité : vingt-cinq ans après, cela tient encore. » De même, « quand sont créés les pôles régionaux du cinéma en 1998, il y a une vision politique, il s’agit d’avoir une structure référente dans chaque région de logique territoriale et structurelle, de s’appuyer sur des structures qui ont fait leur preuve comme le Festival du court métrage à Clermont-Ferrand. Il y avait de bonnes propositions, comme mieux relier le CNC aux DRAC. Le CNC avait des représentants régionaux et aidait ainsi les commerces de manière très efficace. » Exemple le Jean-Eustache, qui avait fermé et que le CNC Bordeaux a accompagné pendant six mois.


Depuis, par souci d’économies il n’y a plus de délégués régionaux : « L’État a dit que ce n’était pas grave et qu’il y aurait un conseiller cinéma par DRAC, mais plus de la moitié n’en ont pas. Ici, il n’y a qu’un conseiller livres, dont le cinéma n’est pas la préoccupation. C’est un vrai déficit de l’institution. Alain Auclaire pointe ce problème et dit que les DRAC doivent travailler mieux avec le cinéma, mais il n’aborde pas la question de la formation, ce qui est curieux car il en vient. Il n’est pas question de formation culturelle des exploitants, alors que le métier évolue. Au Jean-Eustache, 250 jours par an il y a de l’animation, des séances pour les enfants et les scolaires. Les gens doivent avoir le sentiment que c’est une vraie sortie, qu’ils vont voir quelque chose d’exceptionnel. Il y a un travail d’accompagnement à faire. Le public art et essai est de plus en plus important, même dans les petites villes. Diriger une salle de cinéma, c’est voir les films. Il faut pouvoir écrire sur les films, organiser un débat, avoir un site Internet et le faire vivre. Tout cela ne s’improvise pas et il faut former ces gens. On pilote École au cinéma dans la Gironde sur trente cinémas. Donc il faut faire une séance pour les profs, car il faudrait que chaque cinéma puisse bénéficier d’une petite introduction. Dans la petite salle d’une ville de trois mille habitants où le projectionniste est seul, il ne le fait pas ou il le fait mal. »


D’où tous les reproches que fait François Aymé à cette absence de la formation initiale, que de surcroît les grands circuits ignorent alors qu’ils tiennent les syndicats. Du coup, la convention collective ne connaît pas les métiers comme adjoint de direction chargé du jeune public. Il déplore aussi la présentation statisticienne du rapport, établi sans approche qualitative, comme la non-remise en cause du modèle qui s’appuie sur un maximum de copies sur un minimum de temps, ce qui ne vaut que pour les multiplexes. Lui défend l’idée de moins de séances davantage préparées. On le suit volontiers.

Jean Roy

Vives inquiétudes autour de l'action culturelle

| par Raymond Parizer |
| pour Ecran Total n°738 du 14 janvier 2009 |

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Pour l’action culturelle cinématographique aussi, il y a des états généraux (1/2)

| Le 14 janvier 2009 à 16h00 |
| www.telerama.fr |


LE FIL CINéMA - Il n’y a pas que la presse qui soit en danger. Festivals et autres manifestations subventionnées consacrées à l’image souffrent aussi… C’est pour cela qu’a été créé le Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, qui tenait ses premiers états généraux il y a quelques jours. Deux de ses membres, Amélie Chatellier (de la Société des réalisateurs de films), et Catherine Bailhache (de l’Association des cinémas de l’ouest pour la recherche) reviennent sur ce mouvement et ses objectifs.



Quand et pourquoi est né votre mouvement ?

Amélie Chatellier : Depuis l’automne 2007, on savait que se profilaient des réductions de crédits et des baisses de subventions pour les festivals, les réseaux de salles ou les circuits itinérants. La somme que l’Etat projetait alors de supprimer était dérisoire à son échelle, mais absolument vitale à la nôtre. D’où l’émergence d’une forte mobilisation des acteurs culturels de l’image. Une trentaine d’associations s’est réunie pour rédiger un texte intitulé « Cinéma et audiovisuel, vers le démantèlement de la diversité culturelle ? » : un appel à toutes les structures qui se sentaient concernées par ce combat à se retrouver le 11 janvier 2008 à Paris. Aujourd’hui, le collectif compte 380 structures.

Catherine Bailhache : Depuis trente ans que je suis militante de l’action culturelle, c’était la première fois que je voyais réunis dans un même endroit des producteurs, des exploitants, des distributeurs, des réalisateurs, mais aussi des gens des foyers ruraux, des MJC, de la ligue de l’enseignement. Tous au service de la culture et de sa démocratisation. Un an après, on constate que leur énergie et leur détermination sont intactes.


Qui sont les plus touchés, les plus en danger dans le domaine du cinéma ?
Amélie Chatellier : Certains festivals ont été durement touchés : les plus petits, bien sûr, qui font pourtant un travail remarquable pour montrer des œuvres souvent exigeantes dans des zones de désertification culturelle. Mais les grands festivals ont aussi été frappés à la marge : celui de La Rochelle, par exemple. On lui a enlevé 2.000 €, correspondant au financement d’un atelier de cinéma dans une prison ; un autre festival se voit retirer 3.000 €, qui lui permettaient d’assurer son programme d’éducation à l’image... Ce sont des économies de bouts de chandelles sur des actions qui semblent périphériques mais sont en fait le cœur même de l’action culturelle.


Quelles actions avez-vous menées depuis ?
Amélie Chatellier : Il y a eu le 22 février 2008, le soir de la cérémonie des Césars : la déclaration de Jeanne Moreau, le message censuré de Mathieu Amalric et notre opération “Ecrans noirs”, qui a permis au public de venir débattre de l’avenir de l’action culturelle dans les salles. Notre principal problème est de s’organiser : notre collectif n’est pas une association, il fonctionne grâce à la seule volonté de ses membres, tous bénévoles. C’est donc parfois difficile de s’organiser, de communiquer et de maintenir le pouvoir politique sous pression. Mais, malgré ces difficultés, en un an nous avons tout de même réussi à nous imposer comme un interlocuteur incontournable : nous avons rencontré à maintes reprises les gens du CNC ou du ministère de la Culture.

Catherine Bailhache : C’est un travail de lobbying qui commence à porter ses fruits : en novembre 2007, on apprend l’imminence d’une baisse drastique des financements publics, jusqu’à 100 % dans certains cas – autant dire la disparition pure et simple de certains d’entre nous. Or, la mobilisation a permis de limiter la casse en poussant l’Etat à revoir ses arbitrages budgétaires et à réinjecter de l’argent. Ma propre structure, un réseau de salles régionales, a failli perdre 50 % de sa subvention ; ce chiffre a finalement été ramené à 15 %. Il y a un an, on avait du mal à se faire recevoir par les représentants de l’Etat, aujourd’hui, non seulement nous sommes reconnus, mais ces mêmes représentants font le déplacement pour assister à nos Etats généraux.


Pourquoi ces Etats généraux ?
Catherine Bailhache : L’action culturelle est à la fois une pratique très bien partagée, puisqu’elle touche toutes les disciplines, et en même temps compliquée à définir. Si l’on demande à un spectateur lambda ce que c’est que l’action culturelle, il y a des risques pour qu’il sèche. On peut se dire que ce terme s’applique, par exemple, à la venue des réalisateurs dans les salles, sauf que si l’on entend par là les trois minutes passées par l’auteur d’un méga-blockbuster dans un multiplexe pour présenter son film en avant-première, alors on confond action culturelle et promotion. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’un cinéaste qui accepte de passer trois ou six mois à accompagner son film, allant partout, y compris dans les visages, se situe clairement dans une démarche d’action culturelle. De plus, souvent, il n’est pas payé : soit parce que, traditionnellement, on considère (à tort) qu’il fait la promotion de son film, soit faute de moyens. D’où la nécessité de se mettre d’accord sur le type d’actions et de valeurs que ce terme recouvre. On défendra d’autant mieux l’action culturelle qu’on saura bien la définir, car si on est capable de l’expliquer à notre voisin du dessus, alors on sera aussi en mesure d’obtenir des politiques les financements nécessaires à son bon fonctionnement. Ces Etats généraux sont la première étape de ce travail, qui sera long, car il est collectif et transversal. Dans quelques mois, il faut que nous soyons capables de produire cette charte commune.

Vu l’état d’urgence que vous décrivez, la rédaction d’une charte semble une réponse bien faible...
Catherine Bailhache : Non, car pour défendre une même cause, il est indispensable que nous parlions le même langage, nous qui pratiquons parfois des métiers très différents et dont les intérêts sont parfois divergents. Entre un exploitant et un distributeur, les occasions de se disputer sont nombreuses, mais on défend malgré tout la même vision du cinéma et on partage la même passion pour cette question cruciale : comment accompagner et montrer les films ?


Quels sont vos autres objectifs ?
Amélie Chatellier : Hier, lors de la journée interprofessionnelle, le collectif a décidé de monter des ateliers de travail autour de sujets cruciaux comme, par exemple, la question du bénévolat, dont la remise en cause a mis récemment en péril le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand. Nous allons aussi travailler à élaborer une contre-proposition au rapport d’Alain Auclaire, chargé par le ministère de la Culture de plancher sur la diffusion culturelle et l’éducation à l’image. Ce rapport oublie des pans entiers de l’action culturelle et ne propose rien de très nouveau. On va tâcher de proposer autre chose, mais ça prendra du temps. On avance en marchant...
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Propos recueillis par Mathilde Blottière

Pour l’action culturelle cinématographique aussi, il y a des états généraux (2/2)

| 14 janvier 2009 à 16h00 |
| www.telerama.fr |


LE FIL CINEMA - Il n’y a pas que la presse qui soit en danger. Festivals et autres manifestations subventionnées consacrées à l’image souffrent aussi… C’est pour cela qu’a été créé le Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, qui tenait ses premiers états généraux il y a quelques jours, à Paris. Mais l'action culturelle, à quoi ça sert ? Réponse en quelques témoignages.


Antoine Glémain, directeur d’Atmosphère 53, une association implantée en Mayenne pour la diffusion du cinéma en milieu rural : « Aujourd’hui, la menace de notre disparition est réelle : les financements manquent alors qu’il n’a jamais été aussi urgent de lutter contre les déserts socio-cuturels. »

Chantal Richard, cinéaste : « On a besoin de l’action culturelle pour retrouver l’émotion de l’échange et du partage. Toutes ces expériences, du cinéma itinérant aux ateliers d’éducation à l’image, ne sont même pas prises en compte dans les rapports officiels sur l’action culturelle ! »

Jocelyne Quélo, responsable multimédia de la Maison populaire de Montreuil : « En 2008, le label espace culturel multimédia a disparu. Les structures ont du faire face à des baisses de subventions énormes. Des zones blanches commencent à apparaître sur le territoire. Le populisme est en train de remplacer l’éducation populaire. »

Cyril Seassau, de la Ligue de l’enseignement : « En octobre dernier, nous avons appris que certaines associations d’éducation à l’image allaient subir une baisse de 25% de leurs subventions en 2009. Cela met en danger un grand nombre d’actions. Au-delà du désengagement financier de l’Etat, il s’agit bien de la rupture du consensus qui prévalait jusque-là en matière d’éducation populaire. On passe progressivement à une culture du rendement et du résultat alors que nos actions doivent être évaluées dans la durée. C’est un combat idéologique que nous devons mener. »

Jean-Pierre Thorn, cinéaste :
« Je fais partie d’un cinéma indépendant qui n’existerait pas s’il n’y avait pas le travail formidable des acteurs culturels sur le terrain. Lorsqu’on a créé l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion, ndlr), en 1992, je me souviens que Lucas Belvaux et Manuel Poirier partaient avec des pelloches dans le coffre à la rencontre des exploitants. Ils essayaient de les convaincre de défendre un cinéma exigeant. Depuis, l’Acid a fait du chemin mais face à la régression fantastique que l’on subit, on est en droit de s’inquiéter... »

Nicolas Mey, responsable d’un cinéma associatif, à Morlaix : « Pour diffuser des films autres que ceux produits par la grosse industrie, il ne suffit pas de programmer des séances. Il faut aussi accompagner les films, s’interroger sur la manière de les montrer et multiplier les occasions de rencontres entre le public, une œuvre et son auteur. Or, en nous sucrant aides et subventions, l’Etat met en péril ce travail de sensibilisation. Comment faire venir le réalisateur d’un film si on ne peut pas le payer ? »

Gilles Porte, cinéaste : « Nous ne sommes pas en voie de disparition mais de résistance. Car les cinéastes ont absolument besoin de ces passeurs que sont les pros de l’action culturelle. Sans eux, les films des gens comme moi ou Nicolas Klotz seraient invisibles. »
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Mathilde Blottière

"Quelque chose de commun et de vital"

Christophe Kantcheff
Politis | jeudi 8 janvier 2009 |



Les Etats généraux de l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle se déroulent les 8 et 9 janvier à Paris. Catherine Bailhache* en expose ici la genèse et les objectifs.



Depuis un an, il y a eu plusieurs mobilisations en faveur de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle. Quels en ont été les résultats ?

Catherine Bailhache : La toute première mobilisation a eu lieu en janvier 2008. Elle a été suivie en mars d’une intervention de Jeanne Moreau et de Mathieu Amalric lors de la remise des César. En mai, nous avons tenu une conférence de presse à Cannes au cours de laquelle nous avons annoncé notre décision de péreniser le Collectif. En juin, au sein du Collectif Sauvons la culture !, dont nous sommes cofondateur aux côtés de représentants d’un ensemble de secteurs culturels comme le théâtre, la danse, le cirque, la musique…, nous avons coorganisé « le 21 juin, Boum ! » à l’appel des Têtes raides.

Provoquée par l’annonce brutale d’une baisse très conséquente de certains des crédits déconcentrés en DRAC par le ministère de la Culture et de la communication, cette constante mobilisation a d’emblée rassemblé les représentants de très nombreuses structures (près de 380) du territoire français dont on comprenait qu’elles seraient atteintes. S’y sont spontanément adjoints dès l’origine, individuellement ou au nom de leur propre structure, un grand nombre de leurs partenaires, ainsi que des personnalités venues d’autres secteurs de la culture.

Il faut dire qu’en projetant de supprimer une somme relativement peu importante à son échelle, mais essentielle à la nôtre, l’Etat touchait à quelque chose de commun et de vital. Vital pour les structures elles-mêmes, vital aussi pour la population d’un point de vue intellectuel, artistique, social, politique.

Ensemble, nous avons alors mesuré à quel point, à travers cette décision, c’était, partout, une partie commune précise et précieuse de notre travail qui risquait de s’en trouver démantelée. En effet, que nous soyons producteurs, réalisateurs, distributeurs, comédiens, techniciens, responsables de festivals, de salles privées ou publiques, de ciné-clubs, d'associations d'éducation artistique, chercheurs, enseignants, et j’en passe, nous nous voyions concrètement menacés de ne plus pouvoir mener ce que nous nous accordons à nommer l’action culturelle, cette partie de notre travail immergée de l’iceberg, mais tournée vers tous, et dont les résultats se mesurent avant tout qualitativement et sur la durée, deux valeurs peu ou pas reconnues de nos jours.

Le Collectif national de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle (BLAC) est né de ce constat et de la nécessité de se solidariser immédiatement face à cette menace. Le résultat en a été la réinjection d’une grande partie du budget initialement menacé de suppression, ce qui a permis à beaucoup de ne rien perdre d’essentiel sachant que, par ailleurs, une trentaine de festivals s’est trouvée rapatriée nationalement sur un autre budget au niveau du CNC.

Notons tout de même une perte moyenne officielle en 2008 d’environ 15 % du budget, sans transparence quant à la répartition ; plus grave, la disparition quasi complète des ECM (Espaces culturels multimedia), pourtant initiés par l’Etat il y a quelques années, et la disparition de festivals ou d’associations, parfois jugés modestes, pour lesquels les DRAC (1) n’ont souvent rien pu faire, dont l’existence contribuait pourtant à la diversité culturelle qui caractérise notre pays…



Pourquoi aujourd’hui ces États généraux de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle ?

Nous l’avons imaginé dès le début ; nous n’avons jamais souhaité n’être qu’un organe de résistance. Ce qu’il faut dire, c’est que réellement, à l’occasion de cette mobilisation, nous avons tous compris qu’il est devenu indispensable d’affirmer haut et fort que l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle, et plus largement d’ailleurs l’action culturelle tout court, est une notion réelle et efficiente. Le fait qu’elle soit mal ou insuffisamment définie, et donc mal ou insuffisamment reconnue, la rend d’autant plus fragile et susceptible d’être démantelée. C’est pourquoi nous éprouvons l’absolue nécessité de procéder à une réflexion sur et autour de l’entité « action culturelle ».



Une des originalités de ce Collectif est qu’il fait voler en éclat les corporatismes des milieux du cinéma et de l’audiovisuel. Comment est-ce possible et sur quel mode d’action cela débouche-t-il ?

Oui, l’enjeu et la difficulté consistaient à faire exister de façon homogène, fluide et cohérente ce rassemblement transversal inédit. C’est l’un de ses intérêts majeurs, aussi bien en interne que face à ses interlocuteurs : de fait, le Collectif représente une entité en soi, transversale, avec laquelle il est impossible désormais de refuser d’échanger et d’avancer.

Mais il n’y a pas seulement les corporatismes. Les différents métiers du cinéma ont tous leurs spécifités, nombreuses et complexes. Cela rend ardue la recherche d’une homogénéité entre des gens qui doivent pour cela d’abord apprendre à mieux se connaître s’ils veulent mettre en place des alliances objectives pertinentes. Ce collectif dont la forme définitive (simple collectif, association ?) n’est pas définie encore, est évidemment sans cesse sujet à écartèlement.

Néanmoins, sa force réside dans le fait que ceux qui l’ont constitué sont à la fois conscients de ces difficultés et très déterminés à les surpasser. Ça marche, simplement parce que chacun y met du sien : concrètement en mettant la main à la pâte, mentalement en dépassant ses propres résistances tout en précisant la frontière entre son effort de solidarité et la préservation de sa propre indépendance.

Au-delà du fait que cela permet de constituer un groupe cohérent, reconnu comme tel, parlant d’une même voix et agissant au nom de mêmes valeurs, cela a pour effet immédiat quelque chose de très intéressant : pragmatiquement, les représentant de différents secteurs, qui jusqu’à présent ne le faisaient pas, se parlent et agissent ensemble quotidiennement sur toutes sortes de champs. Ce qui ne peut être sans conséquences.



L’un des axes de ces États généraux est de réfléchir à la notion même d’« action culturelle » pour éventuellement en dresser une charte. Pourquoi cette notion est-elle si compliquée à cerner ?

Ce que je vais dire n’engage que moi et nous verrons si la réflexion collective le confirme : en vérité, cela ne me semble pas si compliqué. Je pense que nous sommes très nombreux à en avoir la pratique sans avoir jamais pris le temps de nous poser pour coucher sur le papier une définition satisfaisante et pédagogique. Disposant depuis toujours de peu de moyens, nous avons tous instinctivement privilégié… l’action.

J’ajoute que la notion d’action culturelle a tout à voir selon moi avec les notions de transversalité et de collectif, ce qui signifie que les conditions de sa définition et de sa visibilité sont maintenant réunies. A suivre, donc…

Propos recuillis par Christophe Kantcheff



(1) En tant que représentant de l’Etat sur le terrain, les DRAC, notamment celles pourvues d’un conseiller cinéma, audiovisuel, multimedia, sont aujourd’hui les mieux à même d’apprécier valablement l’importance et la pertinence d’un soutien, y compris s’il s’agit d’allouer un montant de quelques milliers, voire quelques centaines d’euros (souvent qualifié au national, à tort selon nous, de « saupoudrage ») ; mais privées de 15 % de budget (hors ECM) alors même que leurs budgets d’origine étaient déjà serrés, elles ont dû faire des choix…

* Catherine Bailhache est coordinatrice de l'ACOR (Association des cinémas de l'ouest pour la recherche)

Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Casser le scénario catastrophe, par Jean-Michel Frodon |
| Inquiet et en colère, par Laurent Cantet |



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Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Avant qu'il ne soit trop tard ! par le Collectif national de l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle (Blac) |



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Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Pour qui nous combattons, par Thierry Méranger |
| Angoisse aux Ailes du désir, par Ludovic Lamant |


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Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Ma place dans le cadre, par Licia Eminenti ||
| Accompagner les films, construire de la cohérence, par Jean-Michel Frodon |

Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Faire bouger les lignes, Entretien avec Cédric Charpy responsable de l'Ecran mobile, propos recueillis par Gérard Le Cann, Ligue de l'enseignement de Basse-Normandie |
| La Pellicule ensorcelée, autoportrait, par Jérôme Descamps |
| Bertrand Bonello : "Le spectateur a changé" |
| Un réseau militant insoupçonné,  propos de Souad El Bouhati recueillis par Charlotte Garson |


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Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| Déborder du cadre, percer la mise en ordre de l'invisible, par Anne Toussaint |
| Cinéma dans les prisons quelques repères |
| Chaque année, en novembre, par Cyril Neyrat |
| "C'est pour ça que je fais des films" propos de Mariana Otero recuillis par Jean-Michel Frodon |


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Dossier : L'action culturelle au combat

| Cahiers du cinéma n°641 | janvier 2009 |
| "Les pouvoirs publics comptent sur un épuisement…" propos de Philippe Etienne recueillis par Charlotte Garson |
| "Un festival doit arrêter le flux des sorties" propos de Frédéric Borgia recueillis par Charlotte Garson |



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Allègement de la taxe sur les opérateurs télécoms: les professionnels partagés

Actu.orange.fr
PARIS (AFP) - 19/11/08 19:23



Les professionnels des télécommunications réagissaient de façon contrastée mercredi à l'allègement, voté par les députés de la majorité, de la taxe de 0,9% sur leur chiffre d'affaires prévue dans le projet de loi sur l'audiovisuel public.

Un amendement de Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), prévoyant que la taxe soit progressive suivant le chiffre d'affaires, a été adopté par la commission spéciale sur ce texte. Il doit encore faire l'objet d'un vote en séance publique lors de l'examen du texte à l'Assemblée à partir du 25 novembre.

Selon cet amendement, les nouveaux taux retenus sont fixés à 0,5% si le chiffre d'affaires est compris entre 5 et 10 millions d'euros, 0,6% entre 10 et 20 millions, 0,7% entre 20 et 30 millions et 0,9% au-delà de 30 millions.

"Avec un amendement comme celui-là, rien n'est changé pour nous", a regretté Yves Le Mouël, directeur général de la Fédération française des télécoms (FFT), interrogé par l'AFP.

Le plafond, pour bénéficier d'une taxe allégée, étant fixé à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, "cela exclut la quasi-totalité des opérateurs: tant mieux pour les petits, comme les MVNO (opérateurs mobiles virtuels, ndlr), mais pour les autres ça ne change absolument rien", a-t-il déclaré.

La FFT réclame que cette taxe soit plafonnée à 0,9%, pour éviter d'éventuelles augmentations à l'avenir, que le dispositif soit réévalué d'ici à trois ans et que la taxe ne porte que sur le chiffre d'affaires généré par les opérateurs télécoms dans les activités audiovisuelles.

De son côté, l'association Alternative Mobile, qui regroupe la quasi-totalité des MVNO, s'est "réjouie de la prise en compte de la disparité de situations" dans ce secteur, mais va "étudier attentivement ce projet d'amendement" avant de se prononcer pour savoir "si c'est la bonne solution".

"Les ordres de grandeur ne sont absolument pas adaptés à la situation des MVNO en France", a d'emblée relevé l'association: "seule une extrême minorité (d'entre eux) serait concernée" par le dispositif.

Cette taxe est l'une des deux mesures - avec la taxe de 3% sur les revenus publicitaires des chaînes privées, divisée, elle, par deux en commission - inscrites par le gouvernement dans le projet de loi pour compenser le manque à gagner résultant de la suppression de la publicité en soirée sur France Télévisions.

Les réactions au projet de loi sur l'audiovisuel public

Challenge(s).fr
21.11.2008 | 18:48


Voici les réactions aux amendements votés en commission spéciale sur le projet de loi sur l'audiovisuel public, mercredi 19 novembre, qui prévoient de diminuer à 1,5% la taxe sur les recettes publicitaires des chaînes privées et de rendre progressive la taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms.


Jean-François Copé, président de la commission spéciale sur le projet de loi sur l'audiovisuel public : Cette modification du texte du gouvernement "n'est pas un cadeau" aux chaînes privées mais un élément de justice en raison de la crise" qui affecte les recettes publicitaires. "Quand il n'y a pas les recettes attendues pour les TV privées, ce n'est pas elles qui vont payer sur quelque chose qu'elles n'ont pas gagné. Dans ce cas, l'Etat se substituera pour s'assurer que la télé publique soit bien financée". "En tout état de cause, cela ne portera pas atteinte au financement de France Télévisions, qui sera garanti par l'Etat".

Jean Dionis du Séjour, auteur d'un amendement: "Ca change la maquette financière et c'est au gouvernement de nous dire maintenant comment il va compenser le manque à gagner pour France Télévisions, soit en augmentant la dotation financière soit autrement..." (Déclaration à l'AFP)

Mathieu Gallet, conseiller technique en charge de l'audiovisuel au ministère de la Culture : "Le principe de la compensation pour France Télévisions est inscrit, de même que son montant (450 millions d'euros) dans le projet de loi de finances. De plus, ces deux taxes sont des taxes non-affectées, c'est-à-dire qu'elles vont au budget de l'Etat, lequel les réaffectera. De toute façon, depuis le début, on nous accuse ou du moins on nous suspecte de cadeaux à TF1 ou au groupe Bougues. Or, tous deux vont être taxés. Donc on ne peut pas dire que ce soit un cadeau. Il s'agit maintenant de voir quel serait l'impact des amendements votés en commission - et que nous découvrons en même temps que vous. Ensuite, le gouvernement décidera de façon collégiale sur le sujet." (Déclaration à Challenges.fr)

Yves Le Mouël, directeur général de la Fédération française des télécoms : "Avec un amendement comme celui-là, rien n'est changé pour nous". Le plafond pour bénéficier d'une taxe allégée étant fixé à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, cela "exclut la quasi-totalité des opérateurs : tant mieux pour les petits, comme les MVNO (opérateurs mobiles virtuels, ndlr), mais pour les autres ça ne change absolument rien". La FFT réclame que cette taxe soit plafonnée à 0,9%, pour éviter d'éventuelles augmentations à l'avenir, que le dispositif soit réévalué d'ici trois ans et que la taxe ne porte que sur le chiffre d'affaires généré par les opérateurs télécoms dans les activités audiovisuelles. (Déclaration à l'AFP)

Alternative Mobile, association qui regroupe la quasi-totalité des MVNO, s'est "réjouie de la prise en compte de la disparité de situations" dans ce secteur mais a indiqué qu'elle allait "étudier attentivement ce projet d'amendement" avant de se prononcer pour savoir "si c'est la bonne solution". "Les ordres de grandeur ne sont absolument pas adaptés à la situation des MVNO en France", a d'emblée relevé l'association: "seule une extrême minorité (d'entre eux) serait concernée" par le dispositif.

Les auteurs de programmes audiovisuels, représentés par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) et la Société civile des auteurs multimédia (SCAM), veulent "un amendement dans la loi qui prévoit (...) un engagement clair, précis du gouvernement de financer le service public à hauteur du contrat d'objectif et de moyens (COM)". La SACD demande que le chiffrage de ce financement soit fait "par une autorité indépendante". "La taxe sur les télévisions commerciales est un véritable impôt sur la création, parce qu'elle vient en déduction des assiettes de contribution aux droits d'auteurs et aux diverses obligations de financement de la création". (Point presse)

Le SNJ estime que les députés voulaient "la mort" du service public.

Le SNJ-CGT critique la baisse de la taxe sur les chaînes privées en dénonçant un "assassinat du service public" au profit des "amis du président Sarkozy".

Audiovisuel: les députés UMP allègent la facture des chaînes privées

Actu.orange.fr
PARIS (AFP) - 19/11/08 20:15



Les députés UMP ont remplacé mercredi, en commission, la taxe de 3% sur les chaînes privées voulue par le gouvernement par une taxe modulable pouvant varier entre 1,5% entre 3%, une mesure aussitôt dénoncée par la gauche et les syndicats comme un "cadeau à TF1".


La commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi sur l'audiovisuel public, en discussion à l'Assemblée nationale à partir de mardi, a adopté un amendement en ce sens du rapporteur UMP Christian Kert. En raison, argue la droite, de "la crise" qui affecte les recettes publicitaires des chaînes redevables.

La majorité "veut la mort" du service public, a réagi le SNJ. C'est "un "assassinat en règle", a renchéri la CGT.

Initialement, le gouvernement avait décidé, pour compenser le manque à gagner (450 millions d'euros) résultant de la suppression de la pub en soirée sur France Télévisions, de créer une taxe de 3% (environ 80 millions escomptés) sur les recettes publicitaires de TF1, M6 et Canal + et une autre de 0,9% (environ 370 millions) sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms.

La commission a aussi instauré "une clause de rendez-vous" pour évaluer les conséquences de cette taxe. Dans un délai d'un an, le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport portant sur son "rendement effectif".

Concrètement, en raison du contexte économique, le taux acquitté par les chaînes devrait être de 1,5% en 2009, selon une source parlementaire. "Mais les recettes publicitaires devraient repartir à la hausse dans les prochaines années et la taxe sera alors supérieure à 1,5%. Assez vite, on récupérera un taux de 3%", a affirmé cette source.

Il ne s'agit pas "d'un cadeau" aux chaînes privées "mais d'un élément de justice en raison de la crise", s'est justifié M. Copé (UMP).

Le ministère de la Culture et de la Communication comme M. Copé se sont aussitôt voulu rassurants en précisant que le manque à gagner (a priori 40 millions d'euros en 2009) "ne portera pas atteinte au financement de France Télévisions, qui sera garanti par l'Etat". Sans pour autant préciser où le gouvernement allait piocher.

"Ca change la maquette financière et c'est au gouvernement de nous dire maintenant comment il va compenser, soit en augmentant la dotation financière de France Télévisions, soit autrement...", a déclaré à l'AFP le député Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre).

La commission a certes décidé mercredi d'indexer la redevance télé (116 euros actuellement) sur l'inflation, mais Nicolas Sarkozy comme la majorité excluent de jouer sur ce levier. "Moi vivant, il n'y aura pas d'augmentation de la redevance", a récemment lancé M. Copé.

Si son initiative n'aboutit pas, un député UMP, Jean-Pierre Gorges, a même déposé mercredi une proposition de loi visant à supprimer purement et simplement la redevance.

La majorité a également remplacé la taxe de 0,9% sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms par une taxe progressive comprise entre 0,5% et 0,9% selon les résultats des entreprises, via un amendement de M. Dionis du Séjour pour "permettre l'émergence et la montée en puissance des petits opérateurs".

Une initiative accueillie mercredi de façon mitigée par les professionnels des télécommunications et qui ne sera d'ailleurs pas votée en séance, assure M. Copé.

Le ministère "garantit" une compensation financière à France Télévisions

NOUVELOBS.COM | 19.11.2008 | 19:16


Les députés UMP ont décidé de baisser de moitié pour 2009 la taxe sur les recettes publicitaires des chaînes TV privées, prévue dans le projet de loi sur l'audiovisuel public. Le ministère de la Culture assure qu'il y aura une compensation financière.


La somme de 450 millions d'euros qui doit être versée à France Télévisions pour compenser la perte de ses recettes publicitaires est "garantie" car "inscrite dans la loi de finance de 2009". C'est ce qu'a assuré, mercredi 19 novembre, le ministère de la Culture et de la Communication.


"Un principe inscrit dans la loi"

"Le principe de compensation intégrale est inscrit dans le projet de loi de réforme de l'audiovisuel public, et le montant de la compensation, 450 millions d'euros, est inscrit dans la loi de finance 2009", a déclaré le ministère à l'AFP.

Les députés UMP ont décidé mercredi en commission de baisser de moitié pour 2009 la taxe sur les recettes publicitaires des chaînes TV privées (TF1, M6, Canal +), fixée à 3% dans le projet de loi sur l'audiovisuel public.

Cette taxe modulable, de 1,5% pour 2009, devrait ensuite augmenter, le taux plafond étant fixé à 3%.

Les trois grandes chaînes privées, TF1, M6 et Canal+, avaient envoyé, en juin dernier, une lettre commune au gouvernement pour protester contre le projet de taxation dont elles pourraient faire l'objet pour compenser la suppression de la publicité sur France Télévisions.


Amendement

Un amendement en ce sens du rapporteur UMP Christian Kert a été adopté par la commission spéciale sur ce texte par les seuls députés de la majorité, la gauche dénonçant le fait que la droite "cède aux pressions de TF1". L'amendement Kert prévoit que cette "taxe est plafonnée à 50% de l'accroissement de son assiette" et que son montant ne peut être "inférieur à 1,5%" du chiffre d'affaires des chaînes redevables.

"Pour la taxe éligible au titre des années 2009, 2010 et 2011, la période de référence est l'année civile 2008", précise-t-il.



Examen à l'Assemblée le 25 novembre

Christian Kert a précisé à l'AFP que son amendement revenait à instaurer pour les trois années à venir une taxe limitée à 1,5%. Pour les années suivantes, elle pourra être réévaluée et sera comprise dans une fourchette de "1,5% à 3%", a-t-il ajouté.

Le ministère ajoute qu"il ne s'agit pas de taxes affectées. France Télévisions n'a rien à craindre sur la validité juridique des mécanismes de compensation".

Le ministère n'a pas voulu commenter l'amendement de Christian Kert, et fait savoir que la position du gouvernement serait connue "dans les jours qui viennent", à l'issue d'un arbitrage intergouvernemental.

Le projet de loi sur l'audiovisuel public doit être examiné à l'Assemblée à partir du 25 novembre.

Audiovisuel public : appel à grève et manifestation le 25 novembre

L'intersyndicale de l'audiovisuel public (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, Sud, SRCTA-UNSA, SNJ-CGT) appelle lundi dans un communiqué l'ensemble des salariés des entreprises de l'audiovisuel public à cesser le travail le 25 novembre et à manifester à Paris.

L'intersyndicale appelle les salariés à cesser le travail à partir de 0H00 et pendant 24 heures, le 25 novembre, jour où l'Assemblée nationale doit se saisir du projet de loi supprimant la publicité sur les chaînes publiques et réformant l'audiovisuel public.

La manifestation partira à 12H00, de la tour Eiffel, à Paris, pour se rendre devant l'Assemblée nationale, où le débat sur le projet est prévu à partir de 16H00.

L'appel à la grève et à la manifestation s'adresse à l'ensemble des salariés de l'audiovisuel public. Il concerne donc en principe l'audiovisuel hexagonal, c'est-à-dire France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5, France ô) et Radio France (France Inter, France Info, France Culture, le réseau local France Bleu, France Musique, FIP et Le Mouv'), ainsi que l'audiovisuel extérieur, avec la chaîne France 24, Radio France Internationale (RFI) et TV5Monde. L'Institut national de l'audiovisuel (Ina), chargé d'archiver et numériser l'ensemble des programmes du service public, est également concerné.

L'intersyndicale estime que le projet du gouvernement "comporte d'immenses menaces". Elle exige "une compensation à l'euro près" des pertes de recettes publicitaires et un "financement pérenne", le maintien des conventions collectives et des emplois, le maintien du périmètre des chaînes, de "véritables moyens" de développement et "le maintien des outils de production et de fabrication".

France Télévisions: Télérama publie une lettre ouverte au Président de la République

Off The Records | 2 juillet 2008

Les réactions s’enchaînent après la remise la semaine dernière par Jean-François Copé du rapport sur l’audiovisuel public au Président de la République. Les propos de Patrick de Carolis lui ont d’ores et déjà attiré les foudres des responsables UMP et des membres du gouvernement: Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP et grand défenseur du journalisme (on se souvient de ses attaques contre l’AFP…) exige des excuses alors que Christine Albanel estime que les adjectifs, comme «stupide», employé ce matin par le PDG de France Télévisions, ne peuvent être prononcés à l’égard de l’actionnaire qu’est le président de la République. Télérama, qui avait déjà fait 10 propositions pour la télévision publique le mois dernier, publie cette semaine une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy écrite par Olivier Milot, reporter au sein de l’hebdomadaire.



Nicolas Sarkozy sur le plateau de FR3 | photo © droits réservés |



Morceaux choisis…


Olivier Milot n’hésite pas à interpeller le Chef de l’Etat en l’interrogeant tout en prenant le contre-pied de ces déclarations récentes : «Ne peut-on pas aimer la télévision privée (et chacun sait que vous n’en êtes pas un adversaire) tout en défendant un audiovisuel public puissant ?» Nicolas Sarkozy connaît bien les médias dont il s’est servi pour s’imposer sur le devant de la scène politique. Enfant de la télé revendiqué, il affirme son amour du petit écran, notamment des chaînes du service public, qui remplissent selon lui une mission essentielle. Cependant, comme le pointe le journaliste, «Monsieur le Président, les déclarations d’amour ne valent que si elles sont suivies de preuves». Les prises de positions du Chef de l’Etat mettent en exergue cette contradiction entre le discours et les actes, et Olivier Milot s’interroge : schizophrénie ou cynisme du Président ?

L’idée de suppression de la publicité sur les antennes du service public, idée de gauche, est séduisante mais, comme l’écrit Olivier Milot dans Télérama, «pas au prix de l’affaiblissement du service public», «pas en organisant à nouveau sa mise sous tutelle politique». Le projet de réforme n’aboutit pour l’instant qu’à un déséquilibrage des moyens, et à un retrait du CSA. La nomination du PDG de France Télévisions en Conseil des ministres semble hérisser tout particulièrement Olivier Milot, qui se demande «qui peut sérieusement croire que ce que le Président en exercice voudra puisse être invalidé par quiconque ?» «Alain Peyreffite, sors de ce corps !» finit par lancer le journaliste, faisant référence au ministre de l’information sous le général de Gaulle. Cette dernière critique peut faire débat, et pourrait faire l’objet d’une question en direction d’Olivier Milot lui-même cette fois-ci : «qui peut sérieusement croire qu’une nomination par le CSA garantit un choix totalement indépendant des vues du Chef de l’Etat ?» La proposition de Nicolas Sarkozy d’effectuer cette nomination en Conseil des ministres tend simplement à faire coïncider la théorie et la pratique, et n’est certainement pas la mesure la plus criticable et la plus inquiétante du projet: d’autres points méritent certainement une attention bien plus importante…

Le reporter considère l’annonce du 8 janvier dernier comme « opportuniste » et « brutale », répondant notamment à deux objectifs : faire un cadeau à Martin Bouygues, qui possède TF1, et éloigner le débat public des vrais problèmes, comme le pouvoir d’achat qui faisait déjà alors vaciller le président dans les sondages. La commission Copé n’aura été, selon Olivier Milot qu’une « opération de camouflage de quatre mois », qui s’est fini avec « fleurs et couronnes » : « la commission fut couverte d’éloges, Jean-François Copé chaleureusement remercié et son rapport superbement ignoré » explique t-il. Les nouvelles taxes proposées pourront être contestées voire invalidées au niveau européen, tandis que le refus d’augmenter la redevance, au nom du pouvoir d’achat des Français peut sembler contradictoire avec cette nouvelle taxation, puisque les opérateurs téléphoniques ont déjà prévu de répercuter ces mesures sur la facture des ménages. Le transfert de la publicité est une aubaine pour les chaînes privées au moral en berne depuis les premiers succès de la TNT, mais avec un financement fragile, France Télévisions ne sortira que confortée dans sa position de colosse aux pieds d’argile.

« Monsieur le Président, rarement un actionnaire s’est aussi mal comporté avec son entreprise et les milliers de salariés qui la composent. Aujourd’hui, c’est France Télévisions et son personnel qui trinquent, demain ce seront les téléspectateurs. Cette année, les soldes d’été s’ouvrent avec la grande braderie de l’audiovisuel. Nous ne sommes pas acheteur de cette télévision publique au rabais », ainsi s’achève cette lettre ouverte, pleine de bonne volonté mais qui finira malheureusement très certainement aux oubliettes…

Une fête de la musique qui fait boum

L'Humanité 20 juin 2008



Fête de la musique. À l’initiative des Têtes Raides, associés au Collectif Sauvons la culture !, une caravane propose de sonner l’alarme devant l’absence de politique culturelle publique ambitieuse.

Pas question de jouer les rabat-joie. La Fête de la musique est un événement populaire et son succès, chaque année, en atteste. Pour autant, allons-nous nous réfugier derrière le paravent ministériel et nous mettre à chanter sur l’air du « Tout va très bien, Madame la ministre » ? La situation réservée ces derniers temps aux artistes, à la création, se détériore. Il y a, bien sûr, toute la série de baisses et de gels budgétaires programmés qui n’épargne aucun secteur, musique, cinéma, spectacle vivant… Et derrière ces « économies » - soyons rationnels, soyons pragmatiques - se profile un paysage culturel bouleversé. Faut-il rappeler que le spectacle vivant attire chaque année dans notre pays plus de spectateurs dans ses salles que le football dans ses stades ? Au nom du dogme du « moins d’État », derrière la seule « culture du résultat », c’est l’engagement historique de l’État en matière de soutien à la création, de promotion et de développement de la diversité culturelle qui est dès lors remis en cause. Pour mieux soumettre la création à l’attente du public comme le préconise Nicolas Sarkozy dans sa lettre de mission à Mme Albanel ? Cherchez l’erreur.

Faire du 21 juin un moment festif et combatif, tel est le défi que s’apprêtent à relever les Têtes Raides rejoints par d’autres musiciens mais aussi des cinéastes, des danseurs, des acteurs… Pour réaffirmer haut et fort que « les artistes, tous arts confondus, se rassemblent pour et affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d’accéder à l’imaginaire et à la pensée, à l’éveil sensible et à l’esprit critique, la nécessité d’une politique culturelle ambitieuse, intelligente et généreuse, à la hauteur de l’enjeu démocratique ». Le 21 juin, suivez la caravane !

Marie-José Sirach


***


La caravane de la culture ne connaît pas encore tous les arrêts : Théâtre du Rond-Point, la Maison des métallos, mais encore des lieux symboliques dans d’autres villes de France. Les petites rivières font les grands ruisseaux… Devant la gravité de la situation, l’idée de transversalité, de créer des passerelles entre différentes forces artistiques, fait son chemin depuis l’appel lancé lors du Festival de Cannes (lire ci-dessous). Rencontre avec Grégoire et Christian des Têtes Raides.




Quel sens donnez-vous à votre appel du 21 juin ?

Christian Olivier. L’an dernier, on a fait « chut ». Cette année, on va faire « boum » ! Nous ne voulons pas laisser passer cette Fête de la musique sans rien dire. L’an dernier, déjà la question de la place de l’artiste, de la place de la musique était présente. D’où l’idée de couper le son pour pouvoir réentendre la musique, de dire haut et fort « chut ». Aujourd’hui, les problèmes dans la musique perdurent, mais on s’aperçoit qu’aucun secteur n’est épargné : dans le cinéma, dans le théâtre, dans les arts plastiques tous les champs artistiques sont touchés. On s’est dit que la Fête de la musique devait au moins servir d’échos aux problèmes de la culture dans ce pays. De notre côté, on croise beaucoup d’artistes en difficulté, des lieux de concerts complètement asphyxiés par des lois chaque fois plus restrictives… On a toujours cherché à défendre les passerelles entre les différentes formes culturelles. Dans la musique, il a de la lumière ; dans la lumière, il y a de la peinture ; dans la peinture, il y a de la danse. Aujourd’hui, défendre la culture dans ce pays, c’est travailler à la fois sur les moyens, mais pas seulement. Il s’agit aussi de combattre ce qui est en train de se mettre en place : l’individualisme, le chacun dans son coin pour défendre sa case.

Le 21 juin, on veut dessiner un chemin qui passe d’un lieu de cinéma à un lieu de théâtre, d’un lieu de danse à un lieu de musique, aux arts de la rue. On souhaite, dans une première étape, se parler puisque toute la politique est faite pour ne pas se parler, pour isoler les gens.

L’idée est donc de rassembler les acteurs de la culture au-delà de leur propre pratique et de tirer une sonnette d’alarme…

Grégoire Simon. Aujourd’hui, la Fête de la musique est devenue une fête d’État. Et l’État a un rôle fondamental à jouer dans la diffusion de la culture. On voudrait, à cette occasion, lui rappeler ses prérogatives, ses responsabilités, mais aussi lui montrer qu’on est largement capable de discuter entre nous, de réfléchir et de proposer. Nous, on travaille pour le public. L’État doit de ce point de vue, jouer son rôle de diffuseur. En tout cas, pas s’ériger en censeur ou en juge. Il doit répondre à la demande artistique et à la demande du public. Dans la culture, il y a le patrimoine d’hier, celui d’aujourd’hui et de demain. Pour l’heure, l’État s’occupe surtout du patrimoine d’hier. Nous pensons que le patrimoine d’hier doit financer le patrimoine de demain. Du point de vue de la démarche, on n’est pas loin du collectif Sauvons la recherche. La recherche et le développement en culture existent aussi.

Christian Olivier. Il y a aussi les liens avec les associations humanitaires, qui souvent nous sollicitent pour soutenir telle ou telle action. L’idée, c’est, pour une fois, d’inverser les rôles, que les associations viennent défendre la culture.

Grégoire Simon. Le collectif Immigration jetable prépare une grosse opération pour le mois d’octobre, au moment de la refonte des lois européennes concernant l’immigration. Ils nous ont sollicités pour refaire ce que nous avions fait en 2003 à la République, à Paris. On les a mis sur le coup. Il en va de notre intérêt commun d’être en résonance. Car la culture, ce sont bien évidemment ses propres acteurs, mais aussi les gens qui s’en servent et qui en ont besoin.

Parvenez-vous à dialoguer avec les pouvoirs publics, en l’occurrence le ministère de la Culture ?

Christian Olivier. Dans le domaine de la musique, nous sommes moins bien organisés que dans le secteur du cinéma. Au moment du KO social, on passait un coup de fil et les gens du métier venaient. Aujourd’hui, c’est plus difficile. On croise des musiciens qui pensent que le disque, c’est fini. Nous ne le pensons pas. Nous continuons à vendre des disques dans les lieux où l’on joue. Même si les choses peuvent évoluer très rapidement. L’action est isolée, mais il peut y avoir une dynamique qui peut suivre très vite derrière.

Vous estimez que la situation concernant la musique se dégrade ?

Christian Olivier. On a récemment joué dans toute une série de salles dites de musiques actuelles toutes neuves. En fait, ce sont des boîtes à son en périphérie des villes. On emmène tous les jeunes à un endroit complètement excentré, fliqué. Ainsi, on est sûr qu’ils ne sont plus en ville, toute l’activité se déroulant à l’extérieur. On crée un endroit entièrement protégé où les gens rentrent, sont fouillés. Ils passent cinq minutes au bar et sont aussitôt éjectés par des vigiles. Et le quartier, une heure après le spectacle, redevient vide. C’est vraiment une conception consommatrice de la musique. Ça nous semble assez grave…


Votre ambition, c’est de pouvoir fédérer tout cela, mais aussi donner une visibilité à votre action ?

Grégoire Simon. On souhaite que les gens qui font le même métier puissent se parler. On est tous animés du même sentiment, de la même volonté de partager une même énergie quand bien même tout est fait pour parcelliser la culture, nous diviser. Si on fait des spectacles, c’est pour diffuser une énergie dont les gens ont besoin : les enfants, les ados, les adultes, les seniors. Or, actuellement, la baisse de subventions accordées par les DRAC aux festivals, quels qu’ils soient, c’est un coup de poignard donné à tous les lieux qui à l’année essaient de diffuser de la musique ou à tout autre forme d’art. Ce qui est dramatique, en termes de chiffres, c’est la perte de moyens accordés aux milieux culturels.

Christian Olivier. Aujourd’hui, on a l’impression qu’on ne joue plus qu’en festival. On a une programmation qui est limitée sur deux, trois jours ou une semaine, et toute l’économie est basée là-dessus. Derrière vient se greffer une politique de tourisme. Il faut voir le nombre de festivals qui ont vu le jour ces cinq dernières années ! C’est délirant. Résultat, on fait de la musique pour que, dans le village, on vende du pâté et du saucisson !

Grégoire Simon. Ce qui m’avait frappé en 2003, au moment de l’annulation du Festival d’Avignon, c’est le soutien inconditionnel de la chambre de commerce, de l’industrie et du tourisme aux intermittents du spectacle ! On a réalisé que 1 euro investi dans la culture en rapportait cinq. Bon nombre de secteurs de l’économie vivent de la culture. Mais en retour, que donnent-ils pour la culture ? Par rapport à ce qu’elle lui rapporte, que donne l’État ? La rénovation des appartements du château de Vincennes, c’est bien, c’est important. Mais que fait-on pour demain ? Tout ça ne doit pas juste profiter aux toure-opérateurs. Le tourisme vit de la culture, qui vit, elle, de peau de chagrin. La culture est un bien commun, elle forme un patrimoine commun qui nous appartient à tous et que l’on doit partager. Ce n’est pas parce que le mécénat existe que l’État doit déroger à ses responsabilités.



Quels lieux comptez-vous investir le 21 juin ?

Christian Olivier. On va trouver un cinéma, un théâtre emblématique qui nous accueille pour à la fois diffuser du son, des images et prendre la parole pour que les idées circulent. Faire la Fête de la musique, c’est bien, mais en même temps, aujourd’hui, je trouve ça dur. Ce qui importe ce jour-là, c’est de dire quelque chose en commun.

Grégoire Simon. C’est une déambulation qui va toucher plusieurs lieux, pour montrer que les passerelles existent entre les différentes activités artistiques.

Christian Olivier. Ensuite, on propose d’autres fêtes de la musique à d’autres dates que le 21 juin. Peut-être en septembre ou en octobre. Nous ne sommes qu’au tout début d’une action qui s’annonce longue.

Grégoire Simon. Quelque chose qui pourrait ressembler à « culture en fête », peut-être même détaché de la musique. La Fête de la musique est, avec la Fête du cinéma ou les Journées du patrimoine, un moment important où l’État peut jouer son rôle et permettre au plus grand nombre d’approcher un art. Or l’art n’appartient pas à l’État, mais à ceux qui le font. La responsabilité publique est grande et ne doit pas se contenter d’une journée par-ci par-là. Elle doit intervenir sur un projet global, ambitieux. Si la culture, c’est le Puys-du-Fou, qu’on nous le dise ! Il faut redonner le goût de la pratique artistique en milieu scolaire. Si on rendait l’accès possible au cinéma, à la danse, au théâtre, à la musique, aux arts plastiques ou aux arts de la rue, ça procurerait de la lumière dans les yeux de plein de gamins.



Prévoyez-vous des actions en région ?

Christian Olivier. On pense à des lieux symboliques. Tels des rendez-vous de gens de la culture pour faire « boum » devant des monuments historiques nationaux. C’est le lien entre le patrimoine d’hier et le patrimoine de demain. Que fait l’histoire pour la culture ? On demande des comptes !

Grégoire Simon. Comme dirait Bashung, la bombe est là et n’attend plus qu’une allumette… Le pétard est là, mais c’est un pétard qui balance du cotillon. On est plutôt dans le guignol aussi. On ne veut pas rajouter de la misère à la misère. Notre action doit être d’abord pacifique et, surtout, on doit garder de la marge pour se marrer. Sinon, ça ne vaut pas la peine d’envisager la lutte.

Entretien réalisé par Victor Hache et Marie-José Sirach
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